Les deux sont corrects, et ils ne disent pas tout à fait la même chose. « Cordialement » est neutre, presque administratif : il va bien à un premier contact ou à un échange factuel. « Bien cordialement » ajoute de la chaleur sans familiarité : c’est le choix le plus sûr dans un mail professionnel, et pour une administration ou une candidature, on n’écrit ni l’un ni l’autre.
Ce sont des usages, pas des règles officielles : ce qui suit est ce que la plupart des gens de bureau lisent comme poli, ou comme sec.
Quelle différence entre cordialement et bien cordialement ?
« Cordial » vient du latin médiéval cordialis, « qui se rapporte au cœur » (étymologie du CNRTL). Écrire « cordialement », c’est donc saluer avec bienveillance. Mais à force d’être employé partout, le mot seul a perdu sa chaleur : il est devenu la formule par défaut, celle qu’on écrit sans y penser. « Bien » la lui rend.
| Formule | Ce qu’elle dit | Quand l’écrire |
|---|---|---|
| Cordialement, | neutre, un peu sec | premier contact, échange factuel, adresse générique (contact@, compta@) |
| Bien cordialement, | poli et chaleureux, sans familiarité | la plupart des mails professionnels : client, supérieur, partenaire |
| Très cordialement, | un cran plus chaleureux | quelqu’un que tu apprécies, une relation suivie |
| Bien à vous, | plus personnel, une pointe d’élégance | un interlocuteur avec qui tu as déjà échangé |
| Sincères salutations, | court mais formel | quand « Cordialement » paraît trop léger |

Quand écrire « Bien cordialement » ?
Dans le doute, c’est celle-là. Elle convient :
- à un client ou un prospect, dès le deuxième échange, et souvent dès le premier ;
- à un supérieur ou à ta direction, dans un échange courant ;
- à un partenaire ou un fournisseur avec qui tu travailles régulièrement ;
- en réponse à quelqu’un qui a signé « Bien cordialement » : tu t’alignes sur lui.
Un mail un peu trop poli se pardonne toujours. Un mail trop sec, moins.
Quand « Cordialement » suffit-il ?
« Cordialement » seul n’est pas impoli. Il est même le bon choix quand le message est purement pratique : une confirmation de rendez-vous, l’envoi d’un document demandé, une réponse à un service client. Il devient sec dans deux cas :
- avec quelqu’un que tu connais bien : après dix échanges chaleureux, un « Cordialement » sonne comme un refroidissement ;
- après une demande délicate ou un désaccord : il peut se lire comme de l’agacement, même si ce n’était pas ton intention.
À l’inverse, si ton interlocuteur passe de « Bien cordialement » à « Cordialement », ne lui prête pas d’intention : beaucoup de gens alternent sans y penser.
Que répondre à quelqu’un qui signe « Bien cordialement » ?
Aligne-toi sur lui, ou monte d’un cran. S’il signe « Bien cordialement », réponds « Bien cordialement » ou « Très cordialement ». S’il passe à « Bonne journée » ou à son seul prénom, tu peux le suivre au message suivant : c’est lui qui donne le ton de la relation.
Avec un collègue que tu tutoies, la formule suit le tutoiement : « Bonne journée », « À plus tard », « Bien à toi ». Un « Bien cordialement » au bas d’un message tutoyé fait un drôle d’effet.
Comment l’écrire : virgule, majuscule, signature
- Une phrase de conclusion d’abord, si tu en as une : « Je reste disponible pour en parler. » Elle se termine par un point.
- Puis la formule seule sur sa ligne, avec une virgule : « Bien cordialement, ». C’est l’usage le plus répandu en mail.
- Une majuscule au premier mot seulement : « Bien cordialement », pas « Bien Cordialement ».
- Ta signature sur la ligne suivante : prénom et nom, puis ton poste si besoin.
- Une seule formule. « Cordialement, bien à vous » ou « Bien cordialement et bonne journée » cumulent deux fins pour rien. Si tu veux souhaiter une bonne journée, mets-la dans la phrase de conclusion.
Trois fautes à éviter :
- Les abréviations : « Cdlt », « Bien cdlt », « Bàv ». Elles font gagner deux secondes et donnent l’impression qu’on ne les a pas prises pour toi.
- « Cordialement vôtre » : on le croise encore, mais il sonne daté. « Bien cordialement » dit la même chose.
- « Bien cordialement » après une formule longue : « Je vous prie d’agréer… l’expression de mes salutations distinguées » se suffit à elle-même.

Avant d’envoyer, un passage par le correcteur d’orthographe gratuit attrape la majuscule de trop et le reste.
Et pour une administration ou une candidature ?
Ni « Cordialement » ni « Bien cordialement ». Pour les impôts, une mairie, une caisse de retraite ou un recruteur, la formule longue reste l’usage, même par mail :
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Reprends ta formule d’appel entre les deux virgules : si tu as écrit « Madame la Directrice, » en haut, écris « je vous prie d’agréer, Madame la Directrice, … ». Pour trouver la formule qui va avec ton destinataire, ton ton et la raison de ton message, le générateur de formules de politesse en propose plus d’une centaine, prêtes à copier.
Et en anglais ?
Les équivalents les plus proches sont « Kind regards » ou « Best regards » pour « Bien cordialement », et « Regards » pour « Cordialement » (WordReference). « Regards » seul est aussi neutre que son cousin français.
Les pièges
- Écrire la formule au lieu de soigner le mail. Un « Bien cordialement » ne rattrape pas un message sec : c’est la phrase d’avant qui donne le ton.
- Copier la formule de l’autre à l’aveugle. S’il écrit « Bises » à un client, ne le suis pas.
- Changer de formule en cours de fil sans raison : on cherchera ce qui s’est passé.
Pour le reste du mail (l’objet, la formule d’appel, le corps), tout est dans écrire un mail professionnel.
Et si c’est tout ton message qui sonne trop sec, sélectionne-le dans Outlook, Gmail ou n’importe quelle application, appuie sur Alt + K et choisis Plus diplomate : Keypop garde ta demande et la reformule sur un ton courtois. L’IA locale est gratuite, il te faut juste un compte avec ton email.




